Charles Berling ©LesMarseillaises

L’interview « portrait chinois » de Charles Berling

En tournée et de passage à Marseille, Charles Berling et Mata Gabin sont réunis sur la scène du théâtre du Gymnase pour jouer le chef d’oeuvre « Dans la solitude des champs de coton» de Bernard-Marie Koltès, mis en scène par Charles Berling. L’occasion de rencontrer ce grand acteur français, scénariste, réalisateur, et co-directeur du Liberté, scène nationale de Toulon. Un entretien franc et spontané autour d’un café et d’un morceau de chocolat !

 

Charles Berling ne supporte pas les étiquettes et la hiérarchie. Après quelques minutes passées avec lui, à parler de son implication au côté des équipes du Liberté, de ses futurs projets au cinéma et sur les planches, ou encore à échanger sur son refus d’opposer les codes du genre féminin aux codes du genre masculin, on comprend que dessiner un portrait trop arrêté du monsieur serait une tâche immédiatement vouée à l’échec. Pour preuve, cette interview aux allures de portrait chinois à laquelle l’acteur et metteur en scène nous fait l’honneur de répondre. 

 

Si vous étiez une première fois
Je le resterais toujours.

Si vous étiez une héroïne de fiction
Je serais Elvira, une transsexuelle que j’ai joué en 95 au festival d’Avignon. C’était une adaptation du film de Fassbinder « L’année des treize lunes ». J’ai beaucoup aimé ce personnage, le film est magnifique. C’était une expérience théâtrale très forte.

Si vous étiez une réplique de cinéma ou de théâtre
Comme je suis un peu obsessionnel, la première réplique de la pièce qu’on va jouer ce soir : «Si vous marchez dehors, à cette heure et en ce lieu, c’est que vous désirez quelque chose que vous n’avez pas, et cette chose, moi, je peux vous la fournir. » J’aime beaucoup, c’est très beau quelqu’un qui dit ça. C’est un appel au désir.

Si vous étiez un mot doux
« Petit bonhomme », c’est joli pour une femme.

Si vous étiez une chanson d’amour
« Ne me quitte pas » de Jacques Brel chantée par Barbara. Il y aussi « La Javanaise » chantée récemment par Jane Birkin, sublime. Il y en a tellement des belles chansons d’amour.

Si vous étiez une erreur à refaire
Moi-même ! Je me referais, comme une erreur que je suis. En tous cas, c’est l’erreur que je connais le mieux. Si tant est qu’on se connaisse soi-même. Je revendique l’imperfection.

Si vous étiez un cliché
Je serais un acteur français. Je joue du Beckett, du Koltès… En ce moment, je joue « Dans la solitude des champs de coton ». Le cliché de l’acteur français qui fait des films difficiles.

Si vous étiez une émotion
Forte !

Si vous étiez un miracle
Improbable.

Si vous étiez une destination
Partout et nulle part.


« Dans la solitude des champs de coton »
Au Théâtre du Gymnase – 4 Rue du Théatre Français, 13001 Marseille
Du 8 au 10 novembre 2017
Le Carré, Sainte-Maxime
le 18 novembre 2017
Aggloscènes – Théâtre Le Forum – Fréjus
le 24 novembre 2017

« Marvin ou la belle éducation »
En salle à partir du 22 novembre