Ezéchiel Zérah

L’interview Fooding d’Ezéchiel

Chroniqueur culinaire Ezéchiel Zérah est un marseillais fou de food ! Constamment entre Paris et Marseille, il écrit pour Gmag, un trimestriel dédié à la gastronomie, pour Atabula.com, anime une émission pour Cuisine Radio et accompagne des chefs et restaurateurs locaux (Gérald Passédat, Lionel Lévy, Guillaume Sourrieu…) sur des événements. Il a donc eu droit à une interview Fooding ! 

Un café s’il-vous-plait : Le Comptoir Dugommier, à deux pas de la gare Saint-Charles (300 m dixit Google Maps). Un lieu qui tranche dans le quartier avec une ambiance bistrot (bar en zinc, moulures…) et une devanture en bois qui m’a toujours fasciné. Parfait entre deux TGV (ça doit faire très parisien de dire ça non ?) et puis l’expresso est bien moins cher qu’à la voiture bar ! Autre lieu que j’aime beaucoup, sur la Canebière : le café Noailles. Je pourrais reconnaître les yeux bandés l’odeur de café torréfié quand on rentre, c’est un pur bonheur !

Tea time : Sans faire de mauvais jeu de mots, ce n’est pas tellement ma tasse de thé ! En revanche, je dis oui pour s’attabler dans un salon de thé avec une pâtisserie. Et celles de Sylvain Depuichaffray valent le détour !

Boire un verre en grignotant : Pour la vue, je dirais l’Intercontinental à l’entrée du Panier. On a l’impression de dominer la ville. Sinon, un apéro improvisé avec un rosé et des tapas maison sur la plage de l’Anse de la Fausse Monnaie.

Faire son marché : le marché du Prado, où ma mère m’emmenait gamin. Je me rappelle encore des odeurs. Et de Françoise, la marchande de fruits et légumes !

Un déj sur le pouce : un sandwich à l’Authentique place Castellane. Il faut demander le Charolais : le pain est top, les frites maison et la viande de bonne qualité. Tout ça pour moins de 5 €.

À la bonne franquette : les briques à la viande de Mina Kouk rue Fontange. Avec une citronnade maison, on est presque au paradis… en famille car Mina sait recevoir.

Un chef étoilé : il y a peu de chefs étoilés à Marseille même. Si je devais choisir, je dirais Gérald Passédat, chef du seul établissement triplement étoilé de la ville. C’est grâce à lui que j’ai découvert la grande cuisine. Il y a 2-3 ans, j’ai déjeuné chez lui et ce fut une claque ! J’ai découvert des poissons dont je ne soupçonnais même pas l’existence. Je me rappelle aussi très bien du petit pot d’huile d’olive placé à côté du pain, une tuerie. Tout comme les mignardises, 8 au total. Un travail de chirurgien. C’est à ce moment que j’ai commencé à comprendre que comme le disait Alain Chapel, « la cuisine, c’est beaucoup plus que des recettes ».

Faire plaisir : acheter des croissants au Fournil du Saint place de la Plaine et les ramener… à Paris ! Ma copine est folle de ces viennoiseries. La patronne est adorable, tout comme les vendeuses. D’ailleurs, je déteste être à Marseille le lundi parce que la boulangerie est fermée !

Plein les yeux : la table d’Alexandre Mazzia. Un futur grand (même s’il l’est déjà par la taille) de la cuisine. J’ai déjeuné chez lui lors de l’ouverture de son restaurant et je n’ai pas été déçu. Il faut le voir avec sa pince, attentif, en train de rajouter telle ou telle herbe sur chacun de ses plats. Les inspecteurs du guide Michelin viennent de passer récemment… l’étoile devrait arriver prochainement !

Presque ringard : chez Noël. Une pizzeria (qui fait également des pâtes fraiches) en haut de la Canebière qui ne paie pas de mine et pourtant les Marseillais du quartier s’y retrouvent, souvent en famille. J’aime beaucoup l’ambiance, le décor tradi et la pizza mozarella, immense. Quand la serveuse arrive avec, elle découpe une part pour chaque convive et l’on peut voir les fins fils de fromage. Mon ami Pierre Psaltis, ex-journaliste gastronomique à la Provence, ne sera pas d’accord avec ce choix mais tant pis, j’assume !

Manger marseillais : loin d’être original : les chichis du premier vendeur de l’Estaque en arrivant sur le port. Ou la glace à la navette du Glacier du Roi place de Lenche. Rome mise à part, je n’ai jamais mangé de telles glaces ! Les sorbets sont à tomber par terre, notamment celui à la figue ou à l’abricot.

Le coup de coeur : s’il y a bien une adresse que je ne manque jamais de faire dès que je suis à Marseille, c’est bien l’Aromat rue Sainte. Un lieu injustement ignoré des guides. Pourtant la cuisine du chef, Sylvain Robert, est toujours juste, avec une pointe de créativité bienvenue. Le midi, c’est entrée, plat, dessert et verre de vin pour 21 €. Imbattable ! Autre coup de coeur qui n’est ni un restaurant ni un café : le blog Fully Funny. L’auteur est une amie et elle fait partager toutes ses bonnes adresses gourmandes à Marseille. À découvrir !