Ines Olympe Mercadal

Issue de la 5ème génération d’une famille de chausseurs et fille de Marie-Laure, créatrice de la marque Atelier Mercadal, l’étonnante Inès-Olympe ne pouvait qu’adorer les chaussures. Il y a 5 ans, elle a plongé la tête la première dans l’histoire de la maison familiale en revisitant l’escarpin 80’s dans des peausseries rock et décalées. Fan de sa ligne Atelier Mercadal Vintage, on a passé un super moment à parler mode avec Inès-Olympe. On le partage avec vous et on est sûr que vous apprécierez tous ses bons conseils !

Si tu pouvais remonter le temps, en quelle année voudrais-tu atterrir ? Pourquoi ?

Je suis assez heureuse dans mon époque, mon amour pour le vintage ne me rend pas passéiste. Ma fascination pour les années 50 ou 80 est de l’ordre de l’esthétisme. Comme toutes les petites filles nées dans les 80’s, je fantasme cette décennie car mon image de la féminité est emprunte de ce bon (ou mauvais) goût vintage, très 80.  L’accumulation était de mise tandis que l’on vit à l’ère de la féminité discrète, androgyne même parfois, ça ne me plait pas. Je ne me reconnais pas dans cette image de la femme en jean et converse.

Je suis ancrée dans mon époque et être une femme aujourd’hui est nettement plus confortable qu’il y a 50 ans. Pour Le Bourget je me suis imprégnée des codes des pin-up, de la sophistication rétro dépourvue de vulgarité mais en réalité ces femmes étaient nettement moins affranchies que nous. Franchement, je kiffe être une meuf en 2014 !

Pour répondre à ta question… je ne sais pas mais à l’époque où Marlon Brando avait 30 ans et à l’époque où Burt Reynolds en avait 40, ça serait vraiment le top ;-)

Ines Olympe Mercadal

Enfant tu venais souvent à Marseille, quel souvenir en as-tu gardé ?

Je suis à moitié corse et à moitié espagnole, j’ai de la famille à Marseille et nous avions une boutique à Marseille quand j’étais petite et j’y reviens toujours avec plaisir mais je ne connais pas très bien ta ville. Je suis une fille du soleil et vous vous avez la lumière… Ça me suffit ! Je me sens très espagnole tu sais, mais à l’étranger je suis fière de dire que je suis française.

Tu es une vraie vintage addict. Es-tu constamment à la recherche de la perle rare ? Où trouves-tu tes plus belles pièces ?

Je ne m’arrête pas tu veux dire !  J’aime avoir des pièces rares même si je ne les porte pas toujours, ce sont de beaux objets que j’aime regarder sur un cintre, c’est mon coté collectionneuse. J’achète mes plus jolies pièces chez Madame Klein, Les Merveilles de Babellou au Marché Paul Bert aux Puces de Saint Ouen, Hermès, Chanel, fourrures hautes coutures et bijoux Gripoix . Je consomme beaucoup mais pas cher, H&M et Zara en revanche dans le Vintage je n’achète que du luxe. Récemment, une robe du soir Mugler à rendre jalouse Grace Jones !
J’aime le faste du mobilier fin 70 début 80 aussi.

Un conseil pour moderniser un vêtement vintage ?

Souvent, il faut réduire l’ampleur des épaules pour ne pas avoir l’air déguisée.
Ce que j’aime avec le vintage parfois très sophistiqué c’est de le mélanger avec des pièces de la saison plus ordinaires et moins originales. Par exemple une cape en vison vintage blanc a porter avec un jean brut assez sport chic.

Comment as-tu eu l’idée de rééditer, voire de réinventer les modèles 80’s de l’Atelier Mercadal, il y a 5 ans ?

Disons que la chaussure est un atavisme chez les Mercadal bien que je ne me destinais pas à ça, j’ai fait des études de lettres et j’évoluais dans un milieu plutôt intellectuel mais j’ai décidé d’être marchande de chaussures ;-). Je suis très contente de mon choix et de contribuer à l’histoire de la maison familiale.

Comme je te le disais, j’ai grandi dans les années 80’s et je suis nostalgique de cette époque sans l’avoir vraiment connue, je me suis construite avec l’image de cette féminité là. L’escarpin années 80’s répond assez bien aux contraintes des femmes d’aujourd’hui, le talon conique pas trop haut est très commercial… Tout dépend de son décolleté, emboîtant et couvrant il est très vintage tandis qu’ouvert il est très actuel. Le choix des couleurs et des peausseries est très important. Ma volonté d’avoir un prix accessible et fait main en Espagne par des adultes consentants aussi.

escarpinsmercadalvintage escarpins Mercadal Vintage en python

Tu es en permanence sur de nouveaux projets. Cet été, une collaboration avec Emmanuel Kahnh et en ce moment une collection pour le Bourget. Tu as aussi chanté avec Léonard Lasry pour son tout récent album «Intimes et étranges», tu débordes d’énergie ! Comment fais-tu ?

Tu sais, j’ai de la chance de collaborer avec des maisons françaises comme Le Bourget ou Emmanuelle KhanhC’est du travail  évidemment mais c’est très gratifiant et tellement agréable de faire de nouvelles choses… des collants, des lunettes ou des chansons.

Oui, j’ai beaucoup d’énergie et j’essaie de la mettre au service de mon travail… Je fais du sport aussi en plus de mon projet musical solo en français et en espagnol. En ce moment, je travaille sur un beau projet mode pour 2015 !

Si comme Andy Warhol tu remplissais chaque mois un carton avec tes souvenirs ou les éléments marquants du moment, que mettrais-tu dans ta Time Capsule du mois de novembre ?

Je déménage bientôt donc c’est ma vie des trois dernières années qui va aller dans un carton ! J’ai du mal à jeter de toute façon, j’ai gardé tous les petits mots écrits par mes amoureux depuis la maternelle.
La vie me gâte et c’est à moi de faire en sorte que décembre soit mieux encore que novembre mais novembre a été super à tous les niveaux.


La photo des escarpins en python a été prise à Marseille
dans la boutique-salon Mademoiselle
31 rue Sylvabelle, 13006 Marseille