Louisa Ceccaldi, Marseille

Louisa Ceccaldi fait sans aucun doute partie de ces gens qui ont un œil. Un regard sensible à la grâce naturelle des choses, à leur harmonie. Cette jeune marseillaise, spécialisée en scénographie (set design pour les intimes), repère le beau dans des détails du quotidien – des façades d’immeubles, aux objets qu’elle affectionne particulièrement, en passant par les vêtements, l’architecture, les belles matières… Elle crée des décors léchés et des natures mortes pour mettre en scène avec justesse l’univers des marques avec lesquelles elle travaille. En peu de temps, elle a su créer sa patte et nous séduire avec les photos de son Instagram. Elle nous fait ici le plaisir de se prêter au jeu du portrait chinois pour notre interview « Figure de style ».

Voici donc, la mystérieuse Louisa Ceccaldi ! 

– Si tu étais une couleur
Bleu. Tous les bleus. Bleu ciel, bleu Klein, bleu turquoise, bleu encre… Autant de vibrations qu’il existe de nuances.  

Chez Louisa © Louisa Ceccaldi

– Si tu étais un accessoire
Un parfum, c’est l’accessoire ultime. Selon ce que l’on choisit de porter, on dit un peu de qui on est, dans le fond ou dans l’instant.

– Un fashion faux-pas
Pour moi, il n’y en a pas. J’aime que la mode soit un terrain d’expérimentation et de jeu. J’aime les gens qui sont complètement et assurément eux mêmes, en dépit des normes. Ou ceux plus simplement qui cherchent, qui essaient. 

– Si tu étais une décennie
Sans aucun doute les années 70. Pour tout : la mode, l’architecture, le design et encore une fois l’expérimentation…
J’aime bien comment on choisit de mettre les matériaux ensemble à ce moment là. L’audace des nouvelles formes. Une décennie qui a mes yeux est libre, et se fiche des règles.

– Si tu étais un personnage de fiction
Difficile de n’en choisir qu’un ! Pour le style, certainement ceux des films de Jacques Demy et bien sûr les femmes d’Almodovar. Mention spéciale à Victoria Abril dans Talons Aiguille, pour ces petits ensemble Chanel si colorés et si grisants et les parures xxl.… les décors aussi sont à tomber. Bon et bien sûr dans le registre, Pénélope toujours divine !

J’adore aussi l’univers de Jaques Demy, la beauté des camaïeu pastel, l’élan des marins-danseurs, les plans large, le côté naïf des raccords costumes et décors… Archi réconfortant. 

– Un mega snobisme
Ou plutôt mon snobisme de base : boire du vin dans un verre à vin !!! Basique. 

– Si tu étais une référence absolue
Le wabi-sabi japonais : l’art d’accepter les choses imparfaites et de les voir vieillir.
J’aime cette idée de donner une place manifeste à l’irrégularité d’un objet, des choses, des êtres ; à en faire une philosophie.

Photo prise par Louisa Ceccaldi lors d’un stage de céramique raku, technique céramique japonaise avec particularité d’un passage dans la sciure de bois, ce qui donne un résultat forcément irrégulier voire inattendu. Ici, four ouvert avec une seule pièce et supports de cuisson, la trouverez-vous ?

– Si tu étais un vêtement iconique
Il y en a plein !
Mais, pour moi, ce serait plutôt une paire de créoles, il m’est difficile de m’en passer. Elles sont comme un prolongement de moi. Elles m’évoquent quelque chose de très féminin, certainement une représentation ancrée au Sud et à la Méditerranée.

– Une tenue du dimanche
Absolue : Endimanchée ou tout l’inverse.
J’aime bien l’idée de sortir ses plus beaux vêtements pour ce jour « sacré ». Même si j’aime m’habiller tous les jours, le dimanche c’est spécial. Je pense avec tendresse aux générations passées qui arboraient fièrement leurs plus beaux trousseaux.
Et tout l’inverse, c’est jeans tee-shirt, tranquille. 

Louisa Ceccaldi © Aurélien Ciller

– Si tu étais une mode passagère
J’aime bien la mode, j’avoue. En ce moment j’adore la couleur. Beaucoup de couleurs et plein de couleurs en même temps. Surtout le rose bonbon. 

– Une envie tenace
Foutre le camp !

– Si tu étais une longue histoire
Marseille.


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